
Vous signez un bail et l’agence vous remet une facture d’honoraires. Qui règle quoi entre propriétaire et locataire ? La réponse dépend du type de prestation : mise en location ou gestion locative courante. Deux postes distincts, deux règles de répartition différentes, et des plafonds légaux que la plupart des bailleurs connaissent mal.
Frais de gestion locative courante : une charge réservée au propriétaire
Quand un bailleur confie son bien à une agence via un mandat de gestion, il délègue l’encaissement des loyers, le suivi des travaux, la gestion des sinistres et les relances d’impayés. Ces prestations sont facturées sous forme d’honoraires, généralement calculés en pourcentage du loyer encaissé.
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La gestion locative courante est intégralement à la charge du propriétaire. Le locataire n’a rien à payer pour ces services. Cette règle ne souffre d’aucune exception.
Ces honoraires de gestion ne peuvent pas être intégrés dans les charges récupérables. Un bailleur qui tenterait de les refacturer au locataire, même partiellement, via une ligne de régularisation de charges, se placerait en infraction.
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Si vous êtes locataire et que vous repérez une ligne « frais de gestion » sur votre décompte de charges, vous êtes en droit de la contester. Pour mieux comprendre le coût de la gestion locative et sa répartition, il faut distinguer clairement ce poste des frais de mise en location.

Honoraires de mise en location : ce que le locataire peut payer (et ses plafonds)
La mise en location regroupe des prestations ponctuelles liées à l’entrée dans le logement. Contrairement à la gestion courante, certains frais de mise en location sont partageables entre propriétaire et locataire.
Trois postes peuvent être facturés au locataire :
- Les frais de visite du logement, liés à l’organisation des rendez-vous et à la présentation du bien
- Les frais de constitution du dossier, correspondant à la vérification des pièces justificatives du candidat
- Les frais de rédaction du bail, couvrant la préparation et la signature du contrat de location
Le montant facturé au locataire pour ces trois prestations ne peut jamais dépasser la moitié de ce que l’agence facture au total. Il est aussi plafonné par un montant maximal au mètre carré de surface habitable, qui varie selon la zone géographique.
Plafonds 2026 indexés sur l’IRL
Un arrêté publié fin 2025 a actualisé ces plafonds pour les baux signés à partir de janvier 2026, avec une indexation annuelle sur l’Indice de Référence des Loyers. Les valeurs applicables sont de 12,10 euros par mètre carré en zone très tendue, 10,09 euros en zone tendue, et 8,07 euros en zone non tendue.
Pour l’état des lieux d’entrée, un plafond distinct s’applique : 3,03 euros par mètre carré. Là encore, le locataire ne peut pas payer plus que la moitié des frais totaux facturés par l’agence pour cette prestation.
Beaucoup d’articles en ligne mentionnent encore les anciens seuils de 12, 10 et 8 euros. Vérifiez que votre agence applique bien les plafonds indexés 2026.
Mandat de gestion locative : ce que le contrat doit préciser
Le mandat de gestion est le document qui lie le propriétaire à l’agence ou au mandataire. C’est dans ce contrat que figurent les honoraires, leur mode de calcul et la liste exacte des prestations incluses.
Pourquoi ce document mérite une lecture attentive ? Parce que les honoraires de gestion locative sont libres. L’agence fixe ses tarifs comme elle l’entend. Aucun plafond légal ne s’applique, contrairement aux frais de mise en location facturés au locataire.
En pratique, la plupart des agences facturent un pourcentage du loyer mensuel (charges comprises ou hors charges selon le contrat). Certains mandataires en ligne proposent des forfaits fixes. Dans les deux cas, le mandat doit lister chaque prestation et son prix TTC.
L’agence est aussi tenue d’afficher ses tarifs maximums de façon visible :
- À l’entrée de ses locaux et sur sa vitrine extérieure
- Sur ses annonces en ligne et ses vitrines publicitaires hors agence
- Sur les salons ou foires auxquels elle participe
Chaque prestation affichée doit préciser qui la paie (propriétaire, locataire, ou partage). Si l’affichage manque ou reste flou, c’est un signal d’alerte.

Déduire les frais de gestion de ses revenus locatifs
Le propriétaire supporte la gestion locative, mais il n’absorbe pas forcément ce coût sans contrepartie fiscale. Vous déclarez vos revenus fonciers au régime réel ? Les honoraires de gestion sont déductibles de vos revenus locatifs imposables.
Cela concerne aussi bien les honoraires courants (encaissement, suivi technique, relances) que les frais ponctuels de mise en location restant à la charge du bailleur. La déduction s’effectue sur l’année au cours de laquelle les frais ont été payés.
Au régime micro-foncier, cette déduction ligne par ligne n’est pas possible : l’abattement forfaitaire est censé couvrir l’ensemble des charges. Le choix entre les deux régimes dépend du montant total de vos charges déductibles par rapport à vos loyers. Plus vos frais de gestion sont élevés, plus le régime réel devient avantageux.
Gestion locative en ligne ou agence traditionnelle : impact sur la facture du propriétaire
Les plateformes de gestion locative en ligne facturent généralement des tarifs inférieurs aux agences physiques. Leur modèle repose sur des outils automatisés (quittancement, déclarations fiscales, suivi des paiements), ce qui réduit le coût unitaire par lot géré.
Une agence traditionnelle justifie des honoraires plus élevés par un accompagnement de proximité : visites techniques, relation directe avec le locataire, gestion de travaux sur place. Le choix dépend du type de bien, de la distance entre le propriétaire et le logement, et du niveau de délégation souhaité.
Comparer les mandats sur la base du prix seul serait trompeur. Deux contrats affichant le même pourcentage peuvent couvrir des prestations très différentes. L’un inclura la garantie loyers impayés, l’autre la facturera en supplément. L’un prendra en charge les sinistres, l’autre se limitera à la collecte des loyers.
Le vrai critère de comparaison reste le rapport entre le périmètre de prestations couvert et le montant total facturé sur une année complète, rapporté aux loyers perçus. C’est ce calcul qui permet de mesurer l’impact réel sur la rentabilité d’un investissement locatif.